Retour sur le récent coup d’État en Bolivie

Le 11 novembre dernier, quelques jours après sa réélection, le Président de la Bolivie, Evo Morales, a annoncé sa démission et s’est exilé au Mexique. L’annonce de sa démission est survenue au lendemain de la publication d’un communiqué par le commandant en chef des Forces Armées de la Bolivie, Williams Kaliman, dans lequel il était explicitement demandé « au président de l’État de renoncer à son mandat présidentiel afin de permettre la pacification et le maintien de la stabilité, pour le bien de notre Bolivie ». Dans un pays ayant connu de nombreux coups d’État militaires, le message était à peine subtil. Rappelons que les jours précédant la démission d’Evo Morales avaient également été marqués par le développement d’un mouvement de contestation organisé par l’opposition ainsi que par des affrontements violents entre opposants et partisans du président, affrontements qui avaient fait quelques morts et de nombreux blessés. Le départ d’Evo Morales n’avait donc rien de volontaire.

Il faut dire que la position de Morales était fragilisée. Ce dernier avait longtemps joué le jeu du respect de la légalité bourgeoise en profitant du soutien de l’importante communauté indigène du pays. Or, la constitution du pays empêchait sa réélection après deux mandats. Aussi, à l’issue d’un référendum tenu en 2016 sur la possibilité d’amender la constitution pour lui permettre de se présenter à nouveau, le « non » l’avait emporté par une très faible majorité (c’est-à-dire par moins de 2% des voix). Morales avait néanmoins laissé entendre qu’il briguerait quand même un autre mandat. Finalement, l’année suivante, le tribunal constitutionnel bolivien – la plus haute juridiction du pays – avait aboli la règle limitant le nombre de mandats présidentiels, ce qui permettait à Morales de se présenter à nouveau en 2019.

Le soir des élections, les premiers résultats indiquaient que Morales allait devoir se soumettre à un second tour. Aussi, les résultats du décompte des bulletins des régions rurales, traditionnellement plus favorables à Morales, tardaient à arriver, ce qui avait permis à l’opposition de lancer la rumeur selon laquelle le camp Morales était en train de truquer les résultats. Le président sortant avait finalement été déclaré vainqueur dès le premier tour avec 47,1 % des voix, contre 36,5 % pour son opposant Carlos Mesa. Toutefois, l’Organisation des États Américains (OEA), qui avait des observateurs sur place lors des élections, en fidèle laquais de l’impérialisme yankee, avait ensuite affirmé qu’il y avait eu des « irrégularités » et réclamé la tenue d’un nouveau scrutin, injonction à laquelle Morales avait accepté de se soumettre.

Un autre élément important attestant de la fragilité du pouvoir de Morales, c’est que celui-ci n’avait pas de véritable base d’appui dans l’armée, contrairement au régime chaviste au Venezuela. D’abord, contrairement à Hugo Chávez, Morales ne provenait pas de l’armée : il avait été élu suite à un mouvement de contestation indigéniste dont il était le leader. Ensuite, une fois au pouvoir, Morales avait fait des nationalisations dans le secteur des mines, mais il semble que l’armée n’en a pas profité, contrairement à ce qu’on voit parfois dans les pays où des secteurs importants sont nationalisés.

Finalement, la crise du capitalisme bureaucratique en Amérique latine, notamment au Venezuela et au Brésil, n’a certainement pas aidé le gouvernement Morales. Dans certains cas, les secteurs bourgeois compradore, qui sont prêts à tout brader à l’impérialisme américain, ont repris le pouvoir. Au Venezuela, même si la bourgeoisie compradore n’a pas eu la victoire escomptée, le pouvoir de Maduro a été ébranlé et ce dernier, à la veille du coup d’État en Bolivie, n’était pas dans une aussi bonne posture qu’auparavant pour appuyer son allié. Rappelons que Morales avait, au départ, bénéficié du soutien du Venezuela, qui ne connaissait pas encore de crise économique à ce moment, ce qui l’avait aidé à réduire la pauvreté dans le pays.

Il n’en demeure pas moins que Morales conserve aujourd’hui des appuis parmi les masses opprimées de Bolivie, notamment au sein de la population indigène. Avant le départ du président, les affrontements entre ses partisans et ses opposants commençaient à être particulièrement violents. Aussi, des troupes paramilitaires avaient commencé à s’en prendre physiquement aux membres des familles des dirigeants du MAS (le parti de Morales), ce que la police et l’armée avaient laissé faire. De leur côté, il semble que les partisans de Morales ne disposaient pas d’une force suffisante pour assurer leur auto-défense. Et pourtant, des signes avant-coureurs montraient que ce mouvement de contestation armé s’organisait.

Un coup d’État orchestré par la fraction la plus réactionnaire de la bourgeoisie bolivienne

Aujourd’hui, même des intellectuels bourgeois, au Canada et ailleurs, reconnaissent la nature du coup d’État qui vient d’avoir lieu en Bolivie. Par exemple, voici ce qu’a récemment déclaré Marie-Christine Doran, professeure « spécialiste de l’Amérique du Sud » à l’École d’études politiques de l’Université d’Ottawa :

« Nous ne sommes pas devant un coup d’État ordinaire. Ce n’est pas l’usure du pouvoir ni un bilan tragique qui viennent de forcer la sortie d’Evo Morales. C’est le résultat d’une résistance de l’élite qui, depuis 13 ans, a perdu ses privilèges. Elle s’est radicalisée en passant par les mouvements de la droite religieuse évangélique. Aujourd’hui, le départ de Morales, c’est la revanche de cette élite, mais également la possibilité pour elle de rétablir une morale chrétienne. »

Du temps que Morales avait l’appui économique du Venezuela, que ses partisans étaient enthousiastes, que la situation économique s’améliorait et qu’une partie de cette « élite » non autochtone y trouvait son compte, les fractions les plus réactionnaires de la bourgeoisie compradore n’avaient pas le rapport de force pour renverser Morales. Par contre, juste avant le coup d’État, c’est lui qui était désormais en situation de faiblesse étant donné que l’aide économique vénézuélienne et les nationalisations n’avaient pas permis de consolider une fraction bourgeoise capable d’imposer sa direction sur la marche du pays.

Tout de suite après le départ de Morales, la seconde vice-présidente à la Chambre des sénateurs, la sénatrice conservatrice Jeanine Áñez, s’est autoproclamée présidente par intérim, sans attendre l’approbation du parlement dont la majorité est pro-Morales, en arguant « la nécessité de créer un climat de paix sociale ». Elle a finalement obtenu l’appui du parlement alors qu’aucun membre du parti de Morales n’était présent, les parlementaires du MAS craignant des arrestations.

Pour donner une idée du genre de personnage qu’est Jeanine Áñez, rappelons qu’elle a déclaré en 2013: « Je rêve d’une Bolivie libérée des rites sataniques autochtones, la ville n’est pas aux Indiens, ils feraient mieux d’aller dans les hauts plateaux ou à El Chaco ». Elle a également qualifié Evo Morales de « pauvre Indien accroché au pouvoir ». Tout de suite après son accession au poste de présidente par intérim, les manifestants anti-Morales, qui avaient jusque-là été présentés comme d’honorables citoyens luttant pour la démocratie, ont montré leur vrai visage en brûlant le second drapeau du pays, le Wiphala, symbole qui reconnaît l’importance de la communauté indigène dans le pays, laquelle représente 70% de la population bolivienne. En prenant place au palais présidentiel, Jeanine Áñez a aussi déclaré : « La Bible est de retour dans le palais ».

Mais c’est évidemment après avoir accédé à la présidence que ses vrais crimes ont commencé. La « présidente » autoproclamée du gouvernement bolivien, Jeanine Áñez, en signant le 14 novembre dernier le décret numéro 4078, a donné carte blanche aux militaires impliqués dans des « opérations d’application de la loi et de l’ordre » pour tuer impunément. De fait, jusqu’au 22 novembre, la répression s’est abattue sur les manifestants pro-Morales. En une semaine, elle a fait plus de 32 morts et 700 blessés, notamment dans les rues de La Paz et de Cochabamba. Un jour après l’entrée en vigueur de la loi, Áñez, accompagnée de son cabinet complet et des commandants des forces armées et de la police, a averti que son gouvernement prendrait des mesures constitutionnelles pour «contrecarrer les actions déstabilisatrices qui visent à renverser ce gouvernement», actions qui, selon elle, étaient «encouragées» par des groupes subversifs «armés et criminels». Le décret autorisait explicitement l’utilisation d’armes à feu contre des manifestations dirigées contre le gouvernement d’Áñez.

Le 17 novembre, Arturo Murillo, ministre de l’Intérieur de l’actuel gouvernement bolivien, a également annoncé la création d’un « appareil spécial du Bureau du Procureur général » chargé de mettre en prison les législateurs et autres personnes qui « sont impliquées dans la subversion et la sédition », faisant référence aux députés qui ne consentaient pas au coup d’État.

Il est clair que la droite n’a pas pris le pouvoir de cette manière pour le perdre par la suite dans des élections. Par contre, elle semble maintenant divisée sur la marche à suivre. Par exemple, Mesa, celui qui était arrivé deuxième le 20 octobre, veut des élections le plus tôt possible, afin de profiter de son avance sur ses adversaires de droite. De sont côté, le camp d’Áñez veut les retarder pour se donner le temps de décapiter et de décimer le MAS, lequel détient une majorité des deux tiers dans les deux chambres. Le camp d’Áñez a également besoin de temps pour démanteler les politiques économiques et sociales du précédant gouvernement au profit de l’entreprise privée (et étrangère).

La résistance face à une répression meurtrière

Les Boliviens de Sacaba, en dehors de Cochabamba, ont manifesté le 17 novembre pour la deuxième journée consécutive contre la répression militaire brutale dans la région. Au cours de la manifestation, des paysans de toute la région ont distribué de la nourriture aux manifestants, lesquels dénonçaient un massacre policier survenu le 15 novembre lors d’une marche organisée par des paysans et lors duquel ont été tuées 12 personnes et ont été blessées une centaine d’autres.

« Ils nous ont tués avec des balles, les militaires nous ont tiré dessus. Nous voulons le respect, nous demandons la démission de ce président autoproclamé, que nous n’avons pas nommé. C’est la raison pour laquelle nous allions marcher vers Cochabamba, mais ils ne nous ont pas lâchés, ils ont tué nos enfants », a déclaré une des femmes présentes à la marche.

Un autre témoin du massacre a déclaré que l’armée et la police les avaient battus, avaient emmené leurs portefeuilles et leurs téléphones portables et avaient tiré à balles mortelles sur les paysans. Des coups de feu ont même été tirés à partir d’hélicoptères. « C’est un moment de terreur, une tragédie pitoyable, de voir comment ils ont battu nos semblables. Ils ne nous respectent pas, ils ne nous considèrent pas, ils ne nous attachent pas de valeur », a déclaré une jeune autochtone sur les agissements brutaux et pervers de l’armée et de la police.

Depuis le 10 novembre, de nombreux manifestants se sont rassemblés à El Alto et se sont dirigés ensuite, le 21 novembre, à La Paz pour exiger le retrait de Jeanine Áñez et de son nouveau cabinet ministériel ainsi que pour protester contre la brutalité des putschistes contre les peuples autochtones. Ils ont été accueillis par de nombreux tirs de gaz lacrymogène et par des tirs de balles en caoutchouc.

Le lithium bolivien et le différend géopolitique entre les États-Unis et la Chine

Sous le mandat de Morales, on a constaté le déclin de l’influence des États-Unis en Bolivie. Selon une étude du Centro Estratégico Latinoamericano de Geopolítica (CELAG), le pays était devenu, avant l’arrivée de Morales, l’un des principaux bénéficiaires de l’assistance américaine sur le continent, jusqu’à l’expulsion de l’Ambassadeur Philip Goldberg et de l’Administration pour le contrôle des drogues (DEA) en 2008, ainsi que celle de l’USAID (Agence des États-Unis pour le développement international) en 2013. Ensuite, « l’aide » est tombée vertigineusement, avec une légère interruption en 2014 et, surtout, en 2015, coïncidant avec les mois précédant le référendum constitutionnel de février 2016, convoqué pour permettre à Morales de se représenter à nouveau. Malgré cela, la Bolivie reste le principal fournisseur d’étain, de tungstène, de fer et d’antimoine aux États-Unis et l’un des plus importants fournisseurs de cuivre, d’argent, d’or et de zinc.

Les relations commerciales entre la Bolivie et les États-Unis ont également été fortement affectées par le rôle croissant de la Chine dans la région. Par exemple, 21% des importations de Bolivie proviennent du géant asiatique alors que seulement 7,5% viennent des États-Unis. La Chine est aussi le principal créancier du pays. De toute évidence, le secteur minier a également été touché par ce différend, qui implique également d’autres pays impérialistes tels que l’Allemagne, le Canada, la Russie ou le Japon.

Ce qui aurait pu consolider la croissance économique de la Bolivie ainsi que le pouvoir de Morales, soit l’exploitation du lithium, pourrait être une importante cause de son exil forcé. Compte tenu du développement du « capitalisme vert » dans les pays impérialistes, lesquels adoptent des mesures dites écologiques et prennent le contre-pied du « productivisme » polluant de la Chine, ce métal alcalin occupe une place stratégique dans le domaine technologique, notamment pour ce qui est de la production de piles pour l’industrie automobile. La société américaine SRK a certifié, fin février, que la Bolivie disposait de 21 millions de tonnes de lithium à Uyuni, ce qui représente près de 70% des réserves mondiales. Or, la demande pour ce minerai pourrait au moins doubler d’ici 2025. Uyuni est dans le département de Potosí, à la frontière avec le Chili et l’Argentine. C’est dans ce triangle que l’on estime que se trouve environ 85% du lithium mondial. Mais contrairement à ce qui en est dans les régions chiliennes et argentines, l’extraction du lithium à Uyuni nécessite davantage d’innovations techniques pour s’adapter à la hauteur et à l’humidité qui gênent les systèmes d’évaporation. Même si le secteur minier est important pour la Bolivie, le réseau de l’éducation bolivien n’a pas développé des compétences suffisantes en ingénierie et en exploitation minière pour que la Bolivie puisse agir seule dans ce domaine. Les exigences, tant monétaires que techniques, d’un investissement suffisant dans l’exploitation du lithium, ne sont pas actuellement supportables pour la seule Bolivie. Le gouvernement bolivien a besoin de capitaux et de compétences étrangères.

Morales avait subordonné l’investissement étranger à une alliance commune avec la société minière nationale COMIBOL et avec Bolivian Lithium Deposits (YLB). Ainsi, en décembre 2018, un accord avait été conclu avec ACI Systems Germany (ACISA) pour exploiter le lithium d’Uyuni afin de produire des cathodes et des batteries au lithium ionique. ACISA est une société allemande qui, entre autres clients, fournit des batteries à Tesla. De plus, en février dernier, la Bolivie avait également passé un accord avec la société chinoise TBEA Group pour extraire le lithium de deux autres grandes mines de sel à Coipasa (département d’Oruro) et à Pastos Grandes (Potosí), conjointement avec YLB. Les accords entre ces firmes et le gouvernement ont été interprétés comme étant très généreux pour ce dernier et comme constituant une menace pour les grandes sociétés minières transnationales qui souhaitaient faire main basse sur la manne.

Cependant, en octobre dernier, quelques semaines avant les élections générales, le Comité civique Potosí (Comcipo) avait lancé une série de manifestations contre l’accord conclu avec ACISA, ainsi que contre celui conclu avec TBEA, afin d’exiger des redevances plus élevées pour Potosí sur l’exploitation du lithium. Notons que le Comcipo est présidé par un ancien membre du MAS de Morales, Marco Pumari, qui avait été expulsé du parti pour des raisons de fraudes financières. Les actions de protestation comprenaient une grève civique et la grève de la faim de certains des dirigeants de Comcipo. Après avoir entamé des négociations directes avec Morales lui-même, lors desquelles le gouvernement avait contracté divers engagements avec Comcipo, et quelques jours avant les élections, Pumari avait annulé la grève.

Après les élections, le 4 novembre, alors que le conflit post-électoral avait déjà éclaté, le gouvernement a annulé l’accord conclu avec ACISA. Des compagnies de chacals impérialistes comme Canadian Pure Energy Minerals, également fournisseur de Tesla et déjà positionné à Uyuni, attendent désormais un contexte politique favorable pour « offrir leurs services ». En tout état de cause, l’incertitude entourant le lithium a augmenté avec l’instabilité du pays (ainsi qu’avec celle du Chili, de l’Équateur et du Pérou) et avec la résistance sociale en Bolivie. Il se peut que la position diplomatique plutôt prudente de l’impérialisme canadien, qui reconnaît le gouvernement auto-proclamé de Jeanine Áñez, mais qui appelle à des élections rapides et à une diminution des violences, s’explique par ces possibilités d’investissement pour les minières canadiennes.

Les développements récents

Dernièrement, la répression contre les parlementaires du MAS a été levée. Des accords entre les parlementaires du MAS et l’extrême-droite ont été négociés. Les mesures qui donnent l’impunité aux militaires et aux policiers qui tirent sur les manifestants sont levées. Cependant, les responsables de crimes politiques, de part et d’autres, ne seront pas inquiétés judiciairement, ce qui, dans les faits, revient à reconnaître le droit de tuer aux forces de l’ordre depuis la crise post-électorale. En échange, le MAS concède que Morales ne pourra pas se représenter aux élections qui auront lieu en mars prochain. Le pouvoir exécutif sera jusque-là dans les mains de l’extrême-droite, qui profitera de la situation pour se donner un avantage sur son rival de droite modérée Carlos Mesa.

Il est difficile d’expliquer ce retournement de situation après une courageuse mobilisation populaire parmi les masses indigènes notamment. Est-ce par pur crétinisme parlementaire qu’ont été acceptés ces accords? Est-ce parce que le mouvement de masse n’était pas capable de faire face à un pouvoir qui contrôle clairement l’armée et la police? Car dans les faits, le MAS n’a jamais développé de capacité militaire autonome et n’a jamais réussi à gagner le soutien réel d’une fraction des forces armées.

Ces accords constituent tout simplement un aveu de défaite pour le MAS, un aveu de son incapacité à conserver une capacité d’initiative politique. Il s’agit d’une relative défaite pour la fraction capitaliste bureaucratique bolivienne et un retour en force de l’impérialisme américain et de ses valets bourgeois compradore en Bolivie. Aussi, avec ce coup d’État, la situation des masses populaires boliviennes, particulièrement celle des masses indigènes, va inévitablement empirer. Mais là où il y a oppression, il y a résistance. Tôt ou tard, les masses boliviennes devront se doter d’un parti d’avant-garde représentant vraiment leurs intérêts afin de renverser le capitalisme bureaucratique et repousser pour de bon les impérialistes hors du pays.