Liberté pour la Palestine!

Vendredi matin, le cessez-le-feu entre Israël et le Hamas est entré en vigueur après 11 jours de d’affrontements des plus meurtriers. Les bombardements israéliens des derniers jours ont fait au moins 232 morts du côté palestiniens, dont 65 enfants et de nombreux simples civils, sans compter un nombre incalculable de blessés.

L’escalade meurtrière a pris naissance il y a quelques jours à peine, alors que des Palestiniens étaient descendus sur l’esplanade des Mosquées de Jérusalem pour manifester légitimement contre l’infâme processus de colonisation qui progresse à Jérusalem-Est. La police israélienne s’en est alors pris aux manifestants, faisant des centaines de blessés palestiniens. Le Hamas a alors sommé Israël de retirer ses policiers de l’esplanade. Malgré l’ultimatum, le gouvernement israélien a refusé d’obtempérer. Ignoré, le Hamas a répliqué au silence par des tirs de roquettes artisanales sur Israël. En réponse, l’armée israélienne a vite multiplié les frappes aériennes sur la Bande de Gaza, ce tout petit territoire palestinien abritant deux millions de gens. L’État hébreu, disposant d’un bouclier antimissile sophistiqué, a pu intercepter 90% des 4 300 projectiles du Hamas dirigés contre lui. Une bonne partie des Israéliens disposaient également d’abris anti-bombes où ils se sont réfugiés lors des tirs. Les médias n’ont cessé de laisser entendre que le Hamas avait amorcé les hostilités en attaquant sournoisement son adversaire. Ainsi, l’État d’Israël a été présenté comme orchestrant une défense légitime, bien que costaude, contre une agression gratuite. Il ne faut pas gober cette version des faits.

Au cours des jours d’affrontements, des émeutes ont éclaté en Cisjordanie et dans les camps Palestiniens. Une journée de grève générale a été décrétée le mardi 18 mai dernier. Par solidarité avec les peuples opprimés du monde entier, il faut dénoncer la campagne de frappes aériennes et les crimes de l’armée israélienne qui a massacré des civils et des enfants et qui a détruit, à coups de bombardements violents, des infrastructures vitales comme des lignes d’électricité. On se souviendra longtemps de la spectaculaire destruction de la tour abritant le réseau d’information Al-Jazeera. Les raids israéliens ont éventré des immeubles de la Bande de Gaza; des camions d’aide internationale ont été détournés au point de passage de Kerem Shalom, privant les familles palestiniennes de denrées, d’essence, de médicaments et de matériel médical. Quant à l’eau potable, 23 000 personne en ont été privées. L’ONU dénombre aussi 1 000 habitations complètement détruites et 17 000 autres lourdement endommagées; en plus de 53 écoles et 6 hôpitaux rasés. Le bilan, qui ne cesse de s’alourdir, est effroyable. L’intervention militaire israélienne est coupable d’avoir fait plus de 52 000 réfugiés entassés dans des dizaine d’écoles inadaptées. Les maladies transmises par l’eau et les infections à la COVID-19 se propagent à grande vitesse dans la population réduite à l’itinérance. Jusqu’à présent, la trêve demeure toujours très fragile.

La guerre menée par l’État israélien contre la Palestine est une guerre profondément injuste. La création d’Israël en 1948 a entraîné l’expulsion de 750 000 Palestiniens. Depuis, le jour de la « Nakba » (catastrophe) est commémoré en Palestine et un peu partout dans le monde. Et cette tragédie est toujours d’actualité, car elle n’a jamais connu de fin : l’armée israélienne continue de coordonner la colonisation de la Palestine qui prend toujours plus d’ampleur et un caractère toujours plus inhumain d’année en année. Les Palestiniens sont refoulés dans les territoires résiduels que sont Gaza, la Cisjordanie et Jérusalem-Est, mais Israël ne cesse de prendre du terrain. Ces territoires sont sous l’occupation israélienne. La ville de Jérusalem a été conquise à l’Est en 1967 par Israël, réunifiée la même année et plus tard, déclarée « capitale éternelle de l’État d’Israël » en 1980. L’expansion israélienne sans bornes se fait à coups d’expropriations, de dépossessions et de violations de droits. Ce qui reste aux Palestiniens est densément peuplé. Bien des Palestiniens ont été massacrés dans les dernières décennies; d’autres ont dû quitter leur pays. S’ajoute à ce lourd portrait le blocus de Gaza en vigueur depuis bientôt 15 ans. Il empêche la libre circulation des personnes et la réalisation d’activités de survie comme la pêche et l’agriculture.

Les révolutionnaires affirment la légitimité de la résistance de la nation palestinienne, et ce, par tous les moyens dont elle dispose, incluant les tirs de roquettes. Même si la population gazaouie n’endosse pas nécessairement l’idéologie réactionnaire du Hamas, elle soutient la lutte contre l’invasion et les attaques israéliennes, et ce, jusqu’au bout. L’asymétrie entre les deux camps est évidente et l’État d’Israël est un État oppresseur. Il faut s’opposer à l’idée qu’il faut condamner la violence des deux côtés. Les actions militaires contre Israël entreprises récemment par le Hamas étaient justifiées.

La politique sioniste d’Israël a toujours reçu l’appui des pays impérialistes que sont les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne, le Canada et bien d’autres. En fait, l’État d’Israël est la création des impérialistes cherchant à exercer leur influence dans la région. Il est le fer de lance et la base de l’impérialisme dans les pays arabes du Proche-Orient. Depuis sa création, Israël bénéficie de l’aide financière et militaire des impérialistes à hauteur de milliards de dollars qui servent à acheter des armes et de l’équipement militaire.

Le principe de l’internationalisme prolétarien nous dicte de brandir bien haut le drapeau de la révolution en guise d’appui sans réserve au peuple palestinien. La cause palestinienne jouit d’un fort appui chez les prolétaires de tous les pays puisqu’il s’agit d’une cause juste. D’ailleurs, à l’occasion de la Nakba, le samedi 15 mai dernier, des rassemblements de soutien aux Palestiniens ont eu lieu un peu partout dans le monde, entre autres dans plusieurs villes de France, et ce, malgré les stupéfiantes interdictions de tenir des rassemblements de cette nature à Paris, à Nice et dans certaines banlieues parisiennes. Les manifestants qui s’y sont rendus ont d’ailleurs été fortement réprimés par les forces de l’ordre. À Montréal, le 15 mai a aussi rassemblé des milliers de Palestiniens et de personnes leur donnant leur appui dans les rues du centre-ville. Le lendemain a été remué par des manifestations et des confrontations entre des manifestants pro-Palestiniens et d’autres pro-Israël, ce qui a valu à plusieurs dizaines de manifestants pro-Palestiniens des constats d’infraction et des arrestations ordonnées par le SPVM. Pour couronner le tout, la mairesse de la ville de Montréal, Valérie Plante a indiqué que « l’intolérance, la violence et l’antisémitisme n’[avaient] pas de place chez nous », assimilant ainsi l’antisionisme à l’antisémitisme, une insinuation des plus injustes. Qu’à cela ne tienne, les prolétaires de tous les pays ont intérêt à appuyer la cause palestinienne : la libération de la Palestine affaiblira le camp des impérialistes et servira la révolution prolétarienne mondiale. Ici, les révolutionnaires et les travailleurs canadiens ont le devoir de dénoncer le rôle de la bourgeoisie canadienne dans le projet sioniste israélien et l’impérialisme au Moyen-Orient et d’appuyer le combat de la nation et du peuple palestiniens.

La lutte pour la libération de la Palestine ne peut que triompher, à terme, en raison de son caractère juste. Cela dit, pour être victorieuse, la révolution palestinienne devra être dirigée par la classe ouvrière alliée à la paysannerie.

Victoire à la lutte de libération de la Palestine!

Victoire à la révolution prolétarienne mondiale!