À l’occasion du 1er mai 2021, affirmons haut et fort la nécessité de reconstruire le mouvement de lutte politique de la classe travailleuse!

Le 1er mai 2021, après avoir tenu notre manifestation politique autonome à partir du centre-ville de Montréal, nous avons rejoint le rassemblement organisé par les centrales syndicales au parc Lafontaine afin d’interpeller les travailleurs en lutte qui y étaient présents et de les inviter à appuyer le combat pour rebâtir le mouvement révolutionnaire pour le socialisme. Nous publions ici le contenu du tract que nous avons distribué.

À l’année longue, les travailleurs résistent à l’exploitation et mènent des luttes économiques courageuses contre la classe capitaliste pour défendre leurs intérêts immédiats, et ce, avec le soutien de leurs syndicats et du mouvement ouvrier organisé. Que ces luttes visent à améliorer leur sort ou simplement à ralentir la dégradation de leurs conditions de vie – dégradation provoquée de manière inévitable, à long terme, par le mode bourgeois de production –, elles sont entièrement nécessaires et doivent être menées avec la plus grande énergie possible dans les conditions actuelles.

On l’a vu dans la dernière année au Québec : la bourgeoisie ne cède rien si elle n’y est pas forcée, et elle cherche toujours à réduire au minimum ce qu’elle donne aux prolétaires en échange de leur force de travail. Notamment, le gouvernement provincial dirigé par François Legault vise à imposer des conventions collectives minables aux 550 000 travailleurs du secteur public avec lesquels il fait semblant de négocier. Ayant d’abord cherché ouvertement à les appauvrir en tentant de leur faire avaler des offres salariales sous l’inflation, le comité exécutif de la bourgeoisie refuse toujours d’augmenter leurs salaires de manière significative. Surtout, il refuse d’inverser la dégradation des services publics fournis par l’État bourgeois aux masses populaires de la province, et ce, au moment même où ces services sont complètement submergés par la pandémie. Par ailleurs, pendant toute l’année, la bourgeoisie a forcé les prolétaires à travailler dans des conditions extrêmement dangereuses et les a même obligés à lutter pour obtenir des mesures de protection minimales contre le virus mortel (par exemple des masques N95 pour les infirmières et les préposées aux bénéficiaires). Finalement, rappelons qu’en pleine deuxième vague de la pandémie, les capitalistes n’ont pas hésité à mettre des centaines de travailleurs en lock-out – les mêmes qu’ils avaient hypocritement « remerciés » au début de la crise – afin de leur imposer des reculs ou de briser leur volonté de lutter pour des gains. Imaginons un instant ce qui adviendrait sans l’opposition organisée des prolétaires aux plans et aux manœuvres de la bourgeoisie!

Mais les luttes économiques défensives des travailleurs, aussi nécessaires soient-elles, ne seront jamais capables, à elles seules, de conduire à une transformation profonde et permanente des conditions de vie du prolétariat dans son ensemble. Tant que la dictature de la bourgeoisie demeurera en place et que les travailleurs ne seront pas propriétaires des moyens de production, l’exploitation se poursuivra : les prolétaires demeureront à la merci des bandits capitalistes qui s’enrichissent sur leur dos et continueront de voir leurs conditions de vie se dégrader. C’est par la prise du pouvoir politique et par la révolution socialiste que les masses ouvrières et prolétariennes cesseront d’être soumises à la toute-puissance du capital et acquerront la capacité de décider collectivement de leur propre sort. En prenant le contrôle des moyens de production, elles planifieront l’économie en fonction de leurs besoins au lieu de laisser les décisions entre les mains de parasites bourgeois qui ne cherchent qu’à maximiser leurs profits. Notamment, elles pourront instaurer des services publics socialistes réellement adéquats et répondant de manière complète aux besoins du peuple.

Aujourd’hui, à l’occasion de la Journée internationale des travailleurs, nous manifestons pour exprimer la nécessité de rebâtir le parti politique indépendant du prolétariat canadien afin de mener notre classe vers le pouvoir. La classe ouvrière doit remettre de l’avant son programme révolutionnaire visant l’abolition complète de la propriété privée et l’édification du socialisme. Surtout, elle doit commencer à déployer dès maintenant les formes de lutte et d’organisation nécessaires à la réalisation de ce programme. Tous les travailleurs qui le désirent peuvent et doivent prendre part activement à ce grand processus de reconstruction du mouvement politique prolétarien.

Relançons la lutte pour le pouvoir ouvrier et pour le socialisme!

L’avenir appartient à la classe ouvrière et aux masses populaires!